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[mercredi 22 mars 2006 à 11:40:17] Lu 399252 fois (395413 by )
DADVSI /
DADVSI : et la France continue à reculer...

Remercions notre ministre de cet isolement culturel dans lequel il nous plonge, un peu plus chaque jour

Ca y est, c'est voté !
Désormais, la loi "relative au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information" (DADVSI) a été validée par les députés ce mardi 21 mars 2006.

Si l'on peut se réjouir que d'une certaine manière on ait enfin distingué et séparé la notion de piratage (qui un acte pénal) de la copie privé (acte légal) en réprimant clairement tout acte de copie illégale par des sanctions allant de la simple amende à la prison (cas extrême du commerce organisé), on ne peut pas en dire autant de la décision concernant l'interopérabilité.

L'interopérabilité : le grand dilemne !

Même si cela part d'un bon sentiment, je crains que nos chers députés n'aient pas réellement compris la portée de leur acte. En effet, l'interopérabilité signifie qu'un morceau de musique acheté légalement se doit d'être lisible sur tout support. Le soucis, c'est que les DRM (système de protection par encryptage et par clé de déverrouillage, et qui limite par la même occasion le nombre de copie) rend difficile l'écoute des morceaux de musique et le visionnage des vidéos sur des plateformes ou matériels ne supportant pas le système spécifique qui a servi à les protéger. Dans la pratique, un morceau de musique acheté sur iTunes.fr (plateforme de vente de musique en ligne) est encodé par APPLE, selon un système propriétaire, qui oblige l'acquéreur à n'utiliser qu'un logiciel ou matériel APPLE pour l'écouter ou le copier. Mais il en est de même pour SONY ou encore MICROSOFT... La loi impose donc que cette interopérabilité soit réelle et donc que, pour cela, les "marchands" permettent l'exploitation des musiques sur d'autres supports que celui d'origine.

C'est là que le bât blesse. Pour ma part, il paraît logique de réclamer qu'une copie et que l'utilisation (écoute ou visionnage) soit le plus simple possible ; en tant que possesseur légal, il paraît évident que l'on doit en faire un usage libre, tout en restant dans un cadre privé. Nous n'avons pas à nous heurter à des problèmes bassement techniques car cela devient franchement pénible. Combien de fois m'est-il arrivé après avoir acheté un CD dans le commerce de ne pas pouvoir l'écouter dans ma voiture car le système anti-copie en bloquait la lecture... grrr Franchement, c'est scandaleux. On a l'impression de s'être fait escroquer. Depuis les choses ont évolué et les sites de vente de musique en ligne gèrent le principe des DRM au moment de l'achat ainsi que pour la copie, ceci afin de mettre tout le monde d'accord, particulièrement les auteurs inquiets de cette nouvelle manière de consommer. Finalement, à l'usage, je n'ai pas trop à m'en plaindre. J'utilise iTunes et achètent mes morceaux rapidement et très simplement, en toute légalité. D'une part, le prix est accessible et d'autre part, l'accès à un catalogue relativement vaste me permet d'acheter au gré de mes envies, et d'autre part je sais que le travail des auteurs est correctement rétribuée. Pour parfaire le tout, la solution d'APPLE est très bien intégrée, brillamment pensée. En un mot, géniale. Mais ne nous voilons pas la face : il est cependant facile de contourner les DRM. A partir du moment où vous pouvez graver vos musiques sur un CD AUDIO, le tour est joué ! Il suffit tout simplement de ré-importer vos musiques en MP3, elles ne sont plus protégées et vous pouvez alors les copier sur d'autres supports non APPLE (comme les balladeurs MP3 de mes enfants). Quoiqu'en disent certains, un chiffre est là pour prouver que le système est efficace et prometteur : à lui seul, iTunes d'Apple a franchi tout dernièrement le cap du milliard de morceaux vendus (en moins de 3 ans) !

Mais alors, où est le drame ?

L'application de cette loi va surtout poser de gros problèmes vis-à-vis des marchands de musique en ligne tels que iTunes d'Apple ou encore Sony, pour ne citer qu'eux. APPLE se refuse de divulguer le système de protection de DRM qu'elle a mis en place alors que la loi lui impose de le faire car il devient évident que cela ouvre les portes à des usages malveillants. APPLE accuse ouvertement l'état français de contribuer de la sorte au piratage. Je soutiens fortement cette théorie. La fime à la pomme n'a que faire de se mettre au diapason, uniquement pour faire plaisir aux frenchies ; on peut craindre que les jours de notre cher iTunes soient donc comptés. Je m'attend à ce que je ne puisse plus accèder à cette merveilleuse boutique en ligne dont je étais devenu un fidèle... Si tel est le cas, je passerai très probablement du côté obscur de la force. Car si on me prive d'acheter simplement et légalement un album, à un coût relativement honnête, je ne vois qu'une seule solution : utiliser d'autres moyens... pour certains illégaux. C'est le paradoxe de cette loi : lutter contre le piratage... mais dans le même temps, en en faisant trop, en réduisant le choix et les libertés du citoyen, on en arrive au résultat contraire.
APPLE a raison : la France - par sa logique "gauloise" - contribue au piratage (NDLA: c'était d'ailleurs le cas bien avant, en se refusant de suivre l'évolution des nouvelels technologies et d'apporter des solutions - C'est bien connu, le Français a pour vocation de critiquer, rarement d'innover, sauf parfois dans les c...ies ). Mais n'est-ce pas là une stratégie qui sourit à ceux qui n'espèrent qu'une seule chose : garder la main sur un marché qui leur a été jusqu'à présent juteux ! Merci à nos majors, merci à la SACEM and Co, à quelques artistes (de plus en plus rares, heureusement) et à l'étroitesse d'esprit. Mention spéciale à nos chers députés et surtout notre ministre*. Merci !

* on pourrait se demander à juste titre s'il n'y a pas dans l'air un conflit d'intérêt ou des influences pseudo-relationnelles...

Epilogue

Pour finir, je crains que les artistes de notre hexagone ne payent, comme à chaque fois, un lourd tribu et n'aient à regretter ces décisions qui isoleront encore plus notre culture du reste du monde. Grâce aux moyens mis en oeuvre par des sociétés comme APPLE pour diffuser et vendre des créations musicales internationales et pluri-culturelles, n'était-ce pas actuellement pour nos auteurs une source légale et suffisamment intéressante de revenus ?

Restons borné et fermé, n'évoluons surtout pas... on serait bien trop stupide ! Triste France.
Non, sérieusement, il faudrait que nous nous ouvrions l'esprit (je dis bien "nous" ) et arrêtions d'avoir un comportement paranoïaque et retrograde. Soyons plus ouvert et moins craintif. Ne dit-on pas que "L'avenir sourit aux adacieux ?".
(soupir)

[séance d'autoconditionnement : on]
Allez ! Un petit coup de "Star Ac'", ou de "Nouvelle Star", et çà va aller mieux... si! si !
[séance d'autoconditionnement : off]


Liens : http://tf1.lci.fr/infos/multimedia/0,,3291379,00.html



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Commentaires / Comments

1 - De "Ben",  le jeudi 27 avril 2006 à  18:08:54
Tout à fait vrai, pour ma part j'ai arreter d'éssayer de comprendre comment fonctionnait ce pays, c'est de plus en plus n'importe quoi !


2 - De "sophie lingerie",  le jeudi 3 août 2006 à  18:21:22
La France s'illustre puisque cette loi est la plus répressive d'Europe selon l'ADA (Association Des Audionautes). Espérons que cette loi ne débouche pas sur une série de poursuites à l'encontre d'internautes, mais aussi de développeurs de logiciel


3 - De "Dominik (le webmaster)",  le vendredi 4 août 2006 à  15:22:47
Il y a 2 jours, la loi est finalement parue au journal officiel. Elle est donc applicable désormais immédiatement. C'est vraiment n'importe quoi car je vois mal comment les juges vont pouvoir appliquer des sanctions équitables pour les réprimandés sachant que c'est lui qui devra statuer au mieux... Les inégalités de jugement entre les tribunaux risquent d'être légions. Pffff.
Et puis, comme toujours, ce seront les gros éditeurs ou organismes des ayant droits qui en seront les bénéficiaires, au détriment des auteurs.
Ce qui m'angoisse le plus, c'est comme "Sophie" le rappelle, la dérive vers ceux qui développeront - comme moi - des logiciels et qui risquent de se mettre hors-la-loi par le non-respect des principes (imposés par cette loi) garantissant la protection des auteurs. Quelle merde...

Un truc m'échappe cependant : on nous bassine sur la protection des auteurs mais rien n'est dit sur la protection du consommateur qui peut acheter un morceau de musique et se retrouver bloqué pour l'écouter librement sur son matériel audio/video.
Exemple concret : j'achète beaucoup de morceaux de musique sur iTUNES et ils sont tous encodés/protégés en AAC. Sur un iPOD et mes macs, no problem. Seul hic : mes enfants ont des balladeurs MP3.. et là, cela ne marche pas car ils ne décodent pas le AAC. Il faut donc que je ruse en gravant un CD AUDIO (sur un CDRW, héhé, pas con la guêpe) puis ensuite je les reconvertis en MP3 ! Sauf que là, aux yeux de la loi, je suis un vilain mécréant passible de quelques années de prison et d'une amende de plusieurs centaines de milliers d'EUROS puisque j'ai contourné les systèmes de protection... pour faire écouter des morceaux que j'ai pourtant acheté !

Alors... qu'on m'explique pourquoi ON PAYE ENCORE UNE REDEVANCE sur la copie privée ????


4 - De "caroline",  le samedi 22 novembre 2008 à  13:33:52
Il faut quand même pense à cadenasser un peu, sinon c'est du n'importe quoi


5 - De "Dominik (le webmaster)",  le samedi 22 novembre 2008 à  13:59:23
@caroline : "cadenasser" ??? Donc fin de la liberté d'expression ?
C'est donc le début d'une dictature.
Ne confondons pas tout.
Le système legislatif est suffisamment armée pour face à certaines dérives, encore faut-il utiliser ce qu'on a à disposition à bon escient ou savoir mettre à jour nos lois intelligemment (et avec égalité).
Pour l'instant, tout cela est dicté par divers lobbying (derrières lesquelles on trouvent des institutions, industriels ou personnes influentes) en vue de se faire plus de pognon et obtenir plus de pouvoir.
Le discours lissé et bien pensant n'est qu'un prétexte pour faire passer des textes qui vont dans un seul sens : la dépossession des uns, et plus de profit pour les autres.
Ce serait faire preuve d'une grande crédulité que de penser que tout cela est fait pour protéger la création...



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